LE SIDA
DANS LE SUD OUEST DE L'OCEAN INDIEN
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A la Réunion, les premiers cas d’infection à VIH/sida ont été diagnostiqués en 1987. Depuis cette date, le nombre de personnes vivant avec le virus VIH augmente de façon lente mais régulière. Au 31 décembre 2006, 621 personnes infectées par le VIH étaient suivies, soit deux fois plus qu’il y a 10 ans.

LA REUNION
POPULATION : 770 000 HABITANTS


La Réunion se trouve dans la moyenne des départements Français. Elle est beaucoup moins touchée que la Guyane, les Antilles ou la région Ile de France.



                                                                NOMBRE DE PERSONNES SUIVIES POUR UNE INFECTION A VIH/SIDA

NOMBRE DE PERSONNES SUIVIES POUR UNE INFECTION A VIH/SIDA

Ces dix dernières années, trente à quarante nouveaux cas d'infection à VIH/sida étaient enregistrés tous les ans. Il y en a eu 44 en 2005. En 2006, il n’y en a eu que 23. Le nombre de nouveaux cas d’infection n’avait pas été aussi bas depuis lontemps mais il est encore trop tôt pour crier victoire.

A la Réunion, 68 % des personnes atteintes d'une infection à VIH/sida sont des hommes et 32 % sont des femmes. Depuis trois ans, on note une très légère tendance à la féminisation. Les femmes représentent 40 % des nouveaux cas d'infection à VIH/sida diagnostiqués en 2006.

L’age moyen des personnes suivies pour une infection à VIH-sida est de 42 ans. En 2006, les moins de 20 ans ne représentaient que 1 % de l’ensemble des personnes vivant avec le VIH. Cependant, trois nouveaux cas de séropositivité ont été diagnostiqués dans cette tranche d’age au cours des trois premiers mois de 2006.

L’infection à VIH touche toutes les ethnies de l’Ile et toutes les catégories sociales.

- Comme en métropole, la transmission du virus lors d'une relation hétérosexuelle est devenu le mode de contamination le plus fréquent. Elle concerne 68 % des nouveaux cas de transmission enregistrés entre 2001 et 2005. La plupart de ces patients n’ont jamais quitté l’île et se sont contaminés localement.
- La transmission du virus lors d'une relation homo/bisexuelle reste forte. En 2006, plus d’un tiers des personnes ayant appris leur contamination par le VIH/sida des homos/bisexuels. L’épidémie reste très active dans ce groupe de population.
- Grâce aux traitements antirétroviraux, les cas de transmission mère-enfant sont exceptionnels à la Réunion. La seule transmission mère-enfant enregistrée ces cinq dernières années est le fait d’une grossesse menée en dehors de la Réunion.
- Les infections à VIH/sida secondaires à un usage de drogue intraveineuse ont fortement baissé ces dernières années. Aucun cas n'a été enregistré en 2006. Les cas enregistrés les années précédentes concernaient des patients que se sont contaminés en dehors du département. Les programmes d'échange de seringues et les produits de substitution mis en place en métropole ont fait baisser considérablement la transmission du VIH/sida dans cette population

Un quart des personnes infectées par le VIH est au stade sida. Les autres sont des patients séropositifs sans symptôme ou ayant une forme mineure de la maladie. Trop de patients sont encore dépistés au stade sida. 47 des 189 nouveaux séropositifs dépistés entre 2001 et 2005 ont été diagnostiqués au stade sida dont certains au stade terminal de la maladie.

Depuis 1996, la mortalité a fortement chuté grâce aux associations de traitements antirétroviraux (« trithérapie »). Comme en métropole, l’infection à VIH/sida est devenue une maladie chronique à condition d’être dépistée et d’être traitée à temps.

SI LE TRAITEMENT PROLONGE ET AMELIORE LA QUALITE DE LA VIE, IL NE PERMET PAS ENCORE DE GUERIR.


Pour en savoir plus: extraits du rapport du CISIH 2006
TÉLÉCHARGER : EXTRAITS DU RAPPORT DU CISIH 2006

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Les premiers cas d’infections à VIH/sida ont été diagnostiqués en 1987. Jusqu’en 2000, on recensait une vingtaine de nouvelles contaminations par an. Ces dernières années, on assiste à une véritable explosion de l’épidémie.

ILE MAURICE
POPULATION : 1,2 MILLIONS D'HABITANTS

Fin 2006, le nombre cumulé de personnes atteintes par le VIH/sida s’élevait à 2587.
En 2006, 542 nouveaux cas ont été enregistrés










Cette croissance explosive est liée une flambée de l'épidémie parmi les usagers de drogue intraveineuse, nombreux à Maurice. En 2005, les usagers de drogue intraveineuse représentaient 92,4 % des nouvelles contaminations. En 2006, ils représentent encore 86 % des nouveaux cas diagnostiqués. La politique mauricienne de lutte contre la toxicomanie a longtemps été basée sur la seule répression de l'usage de drogue. Jusqu’à une date récente, la politique de prévention de la transmission du VIH dans cette population est restée très timorée. En 2006, un collectif d’associations a mis en place un projet pilote d’échange de seringues en toute illégalité. Depuis, une loi légalisant l’échange de seringues a été votée mais n’est toujours pas promulguée à ce jour (1er juin 2007). Néanmoins, le plan gouvernemental d’échange de seringues devrait voir le jour en 2007. De même, les traitements de substitution par Méthadone commencent à être accessibles dans certains centres depuis début 2007. Ils devraient se multiplier.

L’homosexualité est encore taboue à Maurice. Si l’homosexualité n’est pas interdite, la sodomie est toujours un crime. L’article 250 du code pénal mauricien précise que « toute personne coupable du crime de sodomie (…) sera passible d’une peine de travaux forcés pour une durée n’excédant pas cinq ans » (sic). Un projet de loi supprimant cet article (qui date de 1838 !) est en cours de discussion mais provoque un débat houleux. A suivre. Néanmoins les homos mauriciens commencent à s’organiser. Une association gay, le collectif Arc-en-ciel, a vu le jour en mai 2005. La première « gay pride » mauricienne a été organisée en mai 2006 avec le soutien des autorités. Une deuxième édition en 2007 a remporté un franc succès même si elle a déclenché l’hostilité des conservateurs religieux catholiques et musulmans.

Dans ce contexte conservateur, les malades sont souvent victimes de préjugés et de discrimination. Les associations mauriciennes dont PILS luttent avec acharnement pour améliorer la situation.

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MADAGASCAR
                           POPULATION : 17 MILLIONS D'HABITANTS

Le début de l’épidémie date de 1987. Les données épidémiologiques ont été longtemps limitées, fragmentaires et controversées. On ne dispose de chiffres plus précis que depuis une période récente.

Une enquête réalisée en 2003 auprès de 9584 femmes enceintes de l’ensemble du territoire a mis en évidence un taux de contamination de 1,03 %. Ce nombre aurait quadruplé entre 2001 et 2003. 
La prévalence semblait plus élevées dans les villes portuaires que sur les hauts plateaux :

>>>   Antsiranana (Diégo-Suarez) : 1,4 %
>>>   Taomasina (Tamatave) :         0,79 %
>>>   Antananarivo (Tananarive) :   0,30 %

Toutes les provinces étaient touchées y compris les zones rurales.

Selon le rapport d’ONUSIDA publié en juin 2006 le nombre de séropositif était évalué à 49000, fin 2005. D’autres sources sont plus pessimistes et estiment qu’il y a de 100 à 200 000 personnes séropositives à Madagascar.

On ne dispose que de peu d’informations sur le mode de contamination. La méthodologie choisie dans les études épidémiologiques recense surtout les transmissions hétérosexuelles. Il n’existe pas d’information sur les contaminations homosexuelles. La place des contaminations par transfusions est inconnue.

Des centres de dépistage anonyme et gratuit se mettent progressivement en place. Fin 2005, il en existait une trentaines répartis dans l’ensemble de l’île (12 centres de dépistage publics et 17 centres privés). 25000 tests ont été effectués en 2005.

Les capacités de traitement se développent mais le système de santé manque encore cruellement de moyens structurels et de personnels formés. Les patients hésitent encore à se faire dépister, la stigmatisation restant très forte vis à vis des séropositifs. Il existe une discordance majeure entre l’évaluation du nombre de séropositifs et le faible nombre de personnes prises en charge par les structures hospitalières. Fin 2005, le nombre de personnes traitées par antirétroviraux se limitaient à quelques dizaines de patients alors que les capacités de traitement sont largement supérieures. De quoi rester perplexe !

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LES SEYCHELLES
                           POPULATION : 82 000 HABITANTS

Cet archipel comprend plusieurs centaines d’îles disséminées sur une vaste zone avec une île principale, Mahé où ont été mis en évidence tous les cas de SIDA des Seychelles sauf deux, identifiés à Praslin, ce qui évoque un sous diagnostic concernant les autres îles

Depuis la découverte du premier cas d’infection à VIH/sida en 1987, le nombre de cas cumulés fin 2005 est de 244 cas. Fin 2006, 130 patients étaient suivis au centre hospitalier de Mahé.

Aux Seychelles, les femmes et les hommes sont infectés de façon presque égale, le mode de transmission étant majoritairement hétérosexuel (70 % des cas).

La transmission homosexuelle concerne 25 % des cas détectés. L’homosexualité étant illégale aux Seychelles, la part des homo/bisexuels est peut-être sous-évaluée, les bisexuels ayant tendance à se déclarer hétérosexuels.

Neuf enfants de moins de 10 ans ont contracté la maladie par transmission materno-fœtale.



Aux Seychelles, une quarantaine de patients étaient traitée par trithérapie, début 2006..

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Pendant longtemps on disposé de peu de données sur l’infection à VIH/sida aux Comores. 20 ans après le premier cas de sida aux Comores une quarantaine de cas de sida ont été officiellement rapportées.

LES COMORES

POPULATION : 65 000 HABITANTS

Une enquête réalisée en 2003 évalue à 0,15 % la prévalence de l’infection à VIH/sida. Pour l’instant l’infection semble limitée aux personnes ayant un comportement à risque :
Prévalence chez les hommes porteurs d’une IST : 3,4 %
Prévalence chez les prostituées : 1,42 %
Dans le reste de la population la prévalence serait extrêmement faible. Cependant, tout laisse à penser que l’étendue de l’épidémie à VIH/sida est probablement sous-évaluée. Les autres IST sont très fréquentes aux Comores (3 à 4 % des femmes enceintes ont une sérologie positive pour la syphilis) et l’utilisation du préservatif reste limitée.

Les traitements antirétroviraux commencent à être disponibles aux Comores depuis 2006.


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le premier cas recensé date de 1989. Depuis cette date une centaine de cas d’infection à VIH/sida ont été enregistrés. Au 31 décembre 2005, 66 patients étaient suivis à l’hôpital de Mamoudzou.

MAYOTTE

POPULATION : 180 000 HABITANTS (2002)

Le mode de transmission est une contamination hétérosexuelle dans près de 80 % des cas. La cohorte des patients Mahorais se caractérise par un fort pourcentage de femmes (70 %), le plus souvent dépistées lors d’une grossesse.

Le sida reste très tabou à Mayotte. La stigmatisation dont sont victimes les personnes contaminées les conduit souvent à quitter l’île. Ceux qui ne peuvent pas émigrer renoncent souvent à se traiter, préférant la mort physique à la mort sociale. Les patients perdus de vue sont nombreux.

Début 2006, 34 patients étaient traités par anti-rétroviraux

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AFRIQUE AUSTRALE

L’Afrique australe reste la région du monde la plus touchée par l’épidémie à VIH-sida (14,9 millions de personnes séropositives, fin 2005). Cette région qui ne regroupe que 2 % de la population mondiale abrite 38% des personnes contaminées. A ce jour rien n’indique que l’épidémie commence à ralentir dans cette région du monde.

L’Afrique du Sud est au deuxième rang (juste derrière l’Inde) dans le classement des pays en fonction du nombre de personnes vivant avec le VIH ( 5,5 millions en 2005, selon ONUSIDA).

En Afrique australe, l’incidence de l’infection à VIH atteint des sommets jamais égalés :
Au Swaziland 39 % des femmes en âge de procréer étaient séropositives en 2002. En 1992, elles n’étaient que 4 %.
Au Botswana 37 % des femmes enceintes étaient séropositives en 2003.

L’espérance de vie à la naissance a chuté en dessous de 40 ans au Botswana, Lésotho, Malawi, Swaziland, Zambie et Zimbabwe.
Au Zimbabwe, l’espérance de vie à la naissance était de 52 ans en 1990. Elle n’était plus que de 34 ans en 2003

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